La démocratie n’est pas une utopie

JE SOUHAITE CONTRIBUER

« Le législatif se doit d’être l’exact portrait en miniature du peuple dans son ensemble »
John Adams, 2ème président des Etats-Unis d’Amérique

EN QUELQUES MOTS

En Suisse, les Parlements devraient être représentatifs de la population. Hors le profil sociologique majoritaire des député-e-s élu-e-s est celui des Suisses les plus aisé-e-s. Pourquoi ? Parce que le processus qui mène au sommet des listes électorales nécessite beaucoup de temps et d’argent. Ce système inégalitaire rend la députation quasiment inaccessible à tous les candidats sans grands moyens financiers ni soutiens importants, peut importe leurs compétences.

Pour garantir une égalité des chances démocratiques entre tous les citoyens et renforcer ainsi la démocratie, avec une diversité qui reflète la société,  nous proposons de remplacer les élections par une nomination aléatoire parmi tous les citoyens, un tirage au sort mathématiquement neutre des mandats de députés. Au niveau national, notre initiative ne concerne pas l’élection au Conseil des Etats mais uniquement au niveau du Conseil national, la chambre dite « du peuple ». Nous projetons également de lancer des initiatives cantonales visant les mêmes buts.

En résumé, remplacer les élections par une nomination aléatoire parmi tous les citoyen-ne-s permet de partager les responsabilités et d’obtenir une meilleure représentativité de la population dans les parlements. Cela permet de remplacer la carrière politique par l’accomplissement d’un service civique. Cela permet de faire en sorte que ce ne soit plus ceux qui détiennent le pouvoir économique qui détiennent également le pouvoir politique.

PLUS EN DETAILS

La motivation primitive de la Constitution suisse à mettre en place un système électoral était de permettre à la population de déléguer son pouvoir à des personnes qui savaient lire, écrire et s’exprimer en public et qui avaient la disponibilité intellectuelle à l’élaboration des lois.

Malgré une bonne éducation et des canaux d’informations qui n’ont jamais permis autant d’échanges et de partages d’idées politique, dans la Suisse contemporaine, seule une minorité de personnes – estimée à 500 pour le Conseil national par exemple – soigneusement sélectionnée et financée par les appareils de partis et les intérêts qui les soutiennent, a de réelles chances d’être élue aux Parlements (Grands Conseils et Conseil national).  Les autres cinq millions de citoyen-ne-s adultes théoriquement éligibles, ceux qui ne passent pas par les filières de partis ou qui n’ont pas les moyens financiers de faire campagne, en sont exclus, peu importe leurs qualités.

Nous proposons que chaque Chancellerie cantonale organise un tirage au sort de ses député-e-s (Cantons et Confédération), elle les invite à siéger dans les parlements et leur offre une formation dispensée sur une année. Chaque nominé-e décide librement de s’investir ou de refuser le mandat, la rémunération restant la même que pratiquée actuellement, à savoir entre 120 et 160’000 CHF par année pour le Conseil national par exemple.

Ceci empêchera les ‘lobbyistes-députés’ – c’est à dire ceux qui mélangent mandat public et carrière professionnelle – d’accéder volontairement à ces postes clefs pour y défendre des intérêts privés et donnera plus de champ à la défense des intérêts sous-représentés aujourd’hui dans les Parlements.

 

 

6 réflexions au sujet de « La démocratie n’est pas une utopie »

  1. Hello,
    a very interesting initiative. Are you familiar with the work of Terrill Bouricius about sorition? https://en.wikipedia.org/wiki/Terry_Bouricius
    http://www.publicdeliberation.net/jpd/vol9/iss1/art11/
    http://stwj.systemswiki.org/?p=1407
    amicalement
    Paul

    connaissez vous le travail au sujet de Tirage au sort de Terrill Bouricius ?
    https://en.wikipedia.org/wiki/Terry_Bouricius
    http://www.publicdeliberation.net/jpd/vol9/iss1/art11/
    http://stwj.systemswiki.org/?p=1407
    amicalement
    Paul

  2. Il faut repenser entièrement la démocratie et la gouvernance des sociétés, notamment en revalorisant l’idée de « communs ». Je pense qu’il faut repenser le système représentatif, et surtout le combiner avec des formes plus élaborées de gouvernance participative et de vote direct. Les panels, et les tirages au sort citoyens, doivent être aussi employé plus largement selon les projets. Ce n’est pas en remplaçant une forme par une autre que l’on arrivera une bonne solution, mais en combinant ces différentes procédures en fonction des territoires, de la population et des projets spécifiques.

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